20151109_140400 (1)Yalla ! : D’ou venez-vous?

Ola : De la province de Hama en Syrie.

Yalla ! : Qu’est-ce qui vous a poussée à quitter la Syrie pour venir vous refugier au Liban ?

Ola : J’ai dû quitter la Syrie car j’avais été détenue deux fois aux mains des services de sécurité et étais menacée d’être arrêtée une troisième fois. Par ailleurs, j’avais été exclue de mon poste d’enseignante.

Yalla ! : Pour quelles raisons avez-vous été arrêtée ?

Ola : J’ai été arrêtée notamment en raison de mes activités militantes visant à intégrer pleinement la femme dans l’arène politique. Afin que la femme ne soit pas seulement en position d’assistante aux hommes actifs dans le cercle politique, mais qu’elle soit elle-même présente à tous les niveaux où se prennent les décisions.

Yalla ! : Pourquoi votre travail auprès des enfants réfugiés au sein de l’école est-il important pour vous ?

Ola : Mon travail au sein de l’école Yalla ! m’importe d’abord parce que j’aime ma profession d’enseignante, ensuite parce que les objectifs et principes portés par Yalla ! de laïcité, d’apolitisme, de non-violence, et d’un apprentissage centré sur l’enfant et le développement de la confiance en soi, correspondent parfaitement à l’idée que je me fais de l’enseignement à de jeunes enfants.

Yalla ! : Décrivez-nous vos activités en dehors de l’école, notamment au service des droits des femmes.

Ola : En dehors de l’école, je suis membre de l’Association des femmes syriennes pour la défense des droits des femmes. Je participe à des activités organisées par l’ONG libanaise Kafa dans le cadre d’un programme destiné aux femmes refugiées syriennes. Je participe à des cercles de discussions pour une politique alternative.

Yalla ! : Qu’est ce qui est le plus important pour les femmes syriennes réfugiées aujourd’hui à votre avis ?

Ola : Au regard de mon expérience au sein de l’école et auprès des femmes réfugiées syriennes, il me semble que le plus important à ce stade est de promouvoir auprès des femmes et des petites filles syriennes l’idée que l’éducation est une priorité et de mettre en œuvre un enseignement ludique qui ne soit pas basé sur la répétition.

Yalla ! : Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Ola : Je pense que l’implication des mères dans le processus éducatif de leurs enfants est primordial, elles y ont une plus-value indéniable. C’est pourquoi nous avons ouvert avec Yalla ! une classe pour les mamans d’élèves afin qu’elles puissent développer leurs propres connaissances, et aider et encourager leurs enfants dans leur devoirs et à l’école. Ce système a fait ses preuves dans le centre ou je travaillais auparavant dans la Beqaa et nous avions reçu un prix pour notre travail éducatif auprès des filles.

7 mars 2016, Aley, Liban.